Un dossier MDPH refusé bouleverse souvent un équilibre déjà fragile : perte de revenus, impossibilité de financer une aide humaine, absence de place adaptée pour un enfant en situation de handicap… Beaucoup de demandeurs décrivent un véritable « parcours du combattant », avec des délais longs, des notifications difficiles à comprendre et un sentiment d’injustice. Pourtant, un refus n’est jamais une fin de parcours. Lorsque vous comprenez les motifs de rejet et le fonctionnement de la CDAPH, il devient possible de contester efficacement, de renforcer vos preuves et, parfois, d’obtenir une révision complète de la décision. Cette démarche demande de la méthode, de la stratégie documentaire et, surtout, une vision claire des critères légaux qui encadrent les droits MDPH.

Dossier MDPH refusé : motifs de rejet les plus fréquents selon la CNSA et les CDAPH départementales

Erreur de taux d’incapacité : divergences entre le certificat médical MDPH cerfa n°15695*01 et le guide-barème

Le motif de refus le plus fréquent reste une appréciation trop basse du taux d’incapacité. La CDAPH s’appuie sur le certificat médical MDPH Cerfa n°15695*01 et sur le guide-barème (actualisé par l’arrêté du 8 mars 2023) pour chiffrer le handicap entre 0 et 100 %. Si le médecin remplisseur minimise les limitations (douleurs, fatigabilité, troubles cognitifs), la commission conclut souvent à un taux inférieur à 50 % ou à un taux 50‑79 % sans « restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi », ce qui ferme l’accès à l’AAH. Dans la pratique, de nombreux refus d’AAH ou de carte mobilité inclusion résultent d’un décalage entre la réalité vécue et ce qui est écrit dans le certificat. D’où l’intérêt, pour vous, de faire préciser noir sur blanc la fréquence des crises, l’intensité de la douleur, les chutes, les troubles de concentration ou de mémoire.

Dossier jugé incomplet : pièces justificatives manquantes, ordonnances non datées, bilans non signés

La CNSA relève que jusqu’à 10 à 15 % des demandes sont irrecevables faute de pièces complètes. Un dossier MDPH incomplet, c’est par exemple : des comptes rendus de spécialistes non signés, des ordonnances illisibles, un certificat médical trop ancien (plus de 12 mois), l’absence de justificatifs de scolarité pour un enfant, ou un formulaire de demande non daté. Juridiquement, la MDPH peut vous adresser un courrier pour demander des compléments ; si vous ne répondez pas dans les délais, le dossier est classé ou refusé. Le problème ? Beaucoup de demandeurs pensent que « qui ne dit mot consent », alors qu’en réalité l’absence de réponse dans les temps bloque toute étude de droits. Une vérification minutieuse de chaque rubrique du formulaire et des pièces jointes avant envoi reste donc une étape stratégique.

Absence de retentissement fonctionnel : activités quotidiennes, autonomie, fatigabilité sous‑estimées

Autre cause récurrente de refus MDPH : un handicap jugé « trop léger » car le retentissement fonctionnel n’est pas assez explicité. Le guide-barème insiste sur l’impact sur la vie quotidienne : se laver, s’habiller, préparer un repas, tenir une attention soutenue, gérer un budget, se déplacer seul. Si vous écrivez simplement « fatigue », « douleurs » ou « angoisse », sans décrire ce que cela empêche de faire, la CDAPH considérera souvent que l’autonomie est préservée. Or, la majorité des personnes en situation de handicap vivent un décalage entre ce qu’elles parviennent encore à faire « une fois » et ce qu’elles peuvent tenir sur la durée. Utiliser des formules précises comme « besoin d’aide partielle quotidienne pour la toilette », « ne peut rester debout plus de 5 minutes », « besoin de pauses toutes les 10 minutes » change radicalement la lecture du dossier.

Refus AAH, PCH et CMI invalidité : spécificités des critères légaux (articles L.241‑3, L.821‑1 et suivants du code de l’action sociale et des familles)

Les refus d’AAH, de PCH ou de CMI invalidité obéissent à des critères légaux précis. Pour l’AAH, l’article L.821‑1 du Code de la sécurité sociale renvoie à un taux d’incapacité d’au moins 80 % ou de 50‑79 % avec restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi (au moins 1 an). Pour la PCH, l’article L.241‑3 du Code de l’action sociale et des familles exige des difficultés absolues pour au moins une activité essentielle (ex : se laver) ou graves pour au moins deux. Quant à la CMI invalidité, elle suppose un taux d’au moins 80 % ou une situation assimilée (par exemple l’obligation de recours à une tierce personne). Une méconnaissance de ces seuils mène à des demandes mal ciblées : par exemple solliciter une CMI invalidité alors que le taux est manifestement inférieur à 80 % et que la CMI priorité aurait plus de chances d’aboutir.

Suspicion de pathologies « invisibles » : troubles psychiques, fibromyalgie, covid long, TDAH et TSA non documentés

Les pathologies dites « invisibles » sont au cœur de nombreux témoignages de refus MDPH. Fibromyalgie, Covid long, troubles anxio‑dépressifs sévères, TDAH, TSA sans déficience intellectuelle : dès que l’examen clinique « ne se voit pas », une partie des équipes a tendance à sous-estimer la gravité. Les données récentes montrent pourtant que la douleur chronique concernerait près de 20 % de la population, et que plus de 2 % des adultes présentent un trouble du spectre de l’autisme. Sans bilans spécialisés (neurologue, psychiatre, centre de la douleur, CRA…), l’argumentaire reste fragile. L’expérience montre que lorsque vous fournissez des diagnostics clairs, des échelles validées (ex : HAD, BDI, EVA douleur) et des comptes rendus d’hospitalisation, la reconnaissance du handicap « invisible » progresse nettement.

Témoignages de refus MDPH : profils de demandeurs, typologie des handicaps et impacts concrets

Adultes avec maladies chroniques invalidantes : sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante

De nombreux adultes vivant avec une sclérose en plaques, une polyarthrite rhumatoïde ou une spondylarthrite ankylosante racontent avoir essuyé un premier refus, voire plusieurs. Dans ces pathologies évolutives, les symptômes fluctuent : il existe des « bons » et des « mauvais » jours. Lorsque le certificat médical insiste sur les périodes de rémission et minimise les poussées, la CDAPH conclut souvent à un taux insuffisant, alors même que les arrêts de travail se multiplient et que la marche devient difficile. Concrètement, le rejet de l’AAH ou de la PCH oblige parfois à renoncer à une aide à domicile ou à différer des travaux d’adaptation du logement, ce qui aggrave la perte d’autonomie. Un recours bien construit, appuyé par le rhumatologue ou le neurologue, permet fréquemment de faire reconnaître l’aspect fluctuants mais sévère de ces maladies chroniques.

Parents d’enfants avec TSA, TDAH, DYS : refus d’AEEH, d’AVS/AESH et d’orientation en IME ou ULIS

Les parents d’enfants présentant un TSA, un TDAH ou des troubles « DYS » (dyslexie, dyspraxie, dysphasie…) témoignent régulièrement de refus d’AEEH, d’AESH ou d’orientation en ULIS/IME. Pourquoi ? Parce que l’enfant est jugé « trop autonome » sur le plan moteur ou « scolarisable en milieu ordinaire sans aide ». Or les difficultés portent souvent sur la concentration, les interactions sociales, la gestion des émotions, les apprentissages… des aspects moins visibles qu’un handicap moteur. Dans ces situations, les grilles GEVA‑Sco remplies par l’enseignant, le psychologue scolaire, l’orthophoniste ou le psychomotricien deviennent essentielles. Elles montrent le temps d’aide réelle nécessaire en classe, les adaptations pédagogiques déjà mises en œuvre et les limites du système scolaire ordinaire sans accompagnement renforcé.

Personnes avec troubles psychiques : bipolarité, schizophrénie, dépression sévère et non‑reconnaissance du handicap

La non‑reconnaissance du handicap psychique reste l’un des points noirs des MDPH. Des personnes vivant avec une schizophrénie stabilisée ou un trouble bipolaire sous traitement voient parfois leurs demandes rejetées au motif qu’il n’y aurait « pas de troubles cognitifs objectifs » ou « pas de limitation majeure de l’autonomie ». Pourtant, les études montrent qu’environ 70 % des personnes suivies en psychiatrie de secteur présentent des difficultés d’accès durable à l’emploi. Un trouble psychique sévère affecte la capacité à gérer le stress, la ponctualité, la prise d’initiative, autant d’éléments essentiels en milieu de travail. Lorsque le psychiatre détaille ces aspects dans un certificat circonstancié, en s’appuyant sur les recommandations de la HAS, la possibilité d’obtenir une RQTH, une AAH ou une orientation vers un SAVS/SAMSAH augmente nettement.

Salariés et demandeurs d’emploi : refus de RQTH, aménagements de poste et conséquences sur le maintien dans l’emploi

Un refus de RQTH a des répercussions directes sur votre maintien dans l’emploi. Sans cette reconnaissance, pas d’accès prioritaire aux dispositifs de l’AGEFIPH ou du FIPHFP, pas de sécurisation des aménagements de poste, difficile de négocier un temps partiel thérapeutique durable. Certains salariés témoignent d’un double discours : la médecine du travail les juge « inaptes » à leur poste, mais la MDPH considère que le handicap ne justifie pas une RQTH. Ce type de contradiction est un argument puissant dans un recours, surtout si les avis du médecin du travail, les fiches d’aptitude et les comptes rendus de réunion avec l’employeur sont joints au dossier. Pour un demandeur d’emploi, la RQTH facilite aussi l’accompagnement par Cap Emploi et l’accès à certaines formations adaptées.

Analyse juridique d’un refus MDPH : lecture de la notification CDAPH et vérification des fondements légaux

Décryptage d’une notification défavorable : mentions obligatoires, motivation, voies et délais de recours

La première étape après un refus MDPH consiste à analyser en détail la notification CDAPH. Ce courrier doit légalement comporter : la décision (accord, refus, durée), la référence aux textes applicables, la date de décision, les voies et délais de recours (généralement 2 mois) et, depuis plusieurs années, une motivation minimale. Une décision non motivée ou trop vague (« ne remplit pas les critères » sans autre précision) peut être contestée sur le fondement du défaut de motivation. Il est utile de noter précisément la date figurant sur l’enveloppe, car elle fait courir les délais de recours. En cas de doute, une demande d’explication écrite à la MDPH, en recommandé, permet parfois d’obtenir des éléments complémentaires avant d’engager un RAPO ou un recours contentieux.

Contrôle du respect du guide-barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités (arrêté du 8 mars 2023)

L’arrêté du 8 mars 2023 a actualisé le guide-barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées. Ce document précise, pour chaque type de trouble (moteur, sensoriel, cognitif, psychique), les niveaux de sévérité associés à tel ou tel pourcentage de handicap. Une analyse juridique sérieuse d’un refus MDPH consiste à confronter votre situation réelle à ces critères officiels. Par exemple, en cas de troubles de l’équilibre ou de douleurs invalidantes, la section sur les « fonctions locomotrices » décrit ce qui correspond à un taux de 50, 80 % ou plus. Si la décision ne reflète pas ces standards, un argument solide peut être développé dans le recours, en citant précisément les passages du barème qui correspondent à vos limitations.

Confrontation de la décision aux critères d’AAH, PCH, RQTH, CMI et orientation médico-sociale

Chaque droit MDPH renvoie à un cadre juridique différent, parfois cumulable. L’AAH est encadrée par les articles L.821‑1 et suivants, la PCH par les articles L.245‑1 et L.241‑3 du CASF, la RQTH par le Code du travail, les CMI par le Code de l’action sociale. Analyser un refus revient à vérifier, point par point, si la CDAPH a bien appliqué ces critères : taux d’incapacité, restriction d’accès à l’emploi, difficultés graves ou absolues dans la vie quotidienne, besoin d’une tierce personne… Une décision peut être légalement entachée si elle ignore des éléments de fait essentiels, par exemple des arrêts de travail répétés, une invalidité CPAM déjà reconnue ou une orientation en structure médico‑sociale demandée par plusieurs professionnels.

Vices de procédure possibles : absence d’évaluation pluridisciplinaire, non-respect du contradictoire, non‑prise en compte du projet de vie

Au‑delà du fond, la procédure MDPH doit respecter certains principes. Le Code de l’action sociale impose une évaluation pluridisciplinaire de votre situation (équipe médico‑sociale), la prise en compte du projet de vie et le respect du contradictoire (possibilité pour vous de faire valoir vos observations). Dans la réalité, certains dossiers sont instruits uniquement sur pièces, sans entretien, et le projet de vie est à peine évoqué en commission. En contentieux, des juges ont déjà annulé des décisions MDPH pour défaut d’instruction suffisante ou d’information sur les voies de recours. Repérer ce type de vice de procédure apporte un angle supplémentaire pour contester un refus, surtout lorsque la motivation est succincte ou contradictoire avec les pièces du dossier.

Constituer un recours après un refus MDPH : procédure amiable, recours contentieux et stratégie documentaire

Recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la MDPH : calendrier, modèle de courrier, arguments techniques

Le recours administratif préalable obligatoire (RAPO) est désormais la porte d’entrée quasi systématique avant tout contentieux. Vous disposez de 2 mois à compter de la notification pour adresser un courrier recommandé à la MDPH, en indiquant clairement que vous formez un recours administratif contre telle décision (date, numéro de dossier). Un RAPO efficace ne se limite pas à dire « je ne suis pas d’accord » ; il expose des arguments techniques : mauvaise appréciation du taux d’incapacité au regard du guide-barème, méconnaissance de la restriction d’accès à l’emploi, pièces médicales non prises en compte. Joindre des documents récents (compte rendu d’hospitalisation, nouveau certificat spécialisé, attestation de l’employeur) augmente nettement les chances de révision sans passer par le tribunal.

Saisine du pôle social du tribunal judiciaire (ex‑TASS) : délais, représentation, expertise médicale judiciaire

En cas de rejet du RAPO, la décision peut être contestée devant le pôle social du tribunal judiciaire (ancien TASS), dans un délai de 2 mois. La saisine prend la forme d’une requête écrite, déposée ou envoyée au greffe, exposant les faits, la décision contestée, les textes invoqués et les pièces produites. La représentation par avocat n’est pas obligatoire, mais vivement recommandée pour les dossiers complexes (AAH, PCH, orientations médico‑sociales). Le juge peut ordonner une expertise médicale judiciaire, confiée à un médecin indépendant, qui examinera objectivement votre situation. Cette expertise, même si elle peut être longue, constitue souvent un tournant : lorsque l’expert confirme la gravité du handicap, les taux d’incapacité sont réévalués à la hausse et les droits ouverts rétroactivement.

Préparation d’un dossier de recours renforcé : certificats spécialisés (neurologue, psychiatre, rhumatologue), bilans ergothérapeute, orthophoniste, psychomotricien

Un recours MDPH réussi repose sur un dossier de preuves solide. Les certificats de médecin généraliste sont importants, mais souvent insuffisants seuls. L’ajout de rapports de neurologue, rhumatologue, psychiatre, médecin de la douleur, complète le tableau. Pour les enfants et les troubles neuro‑développementaux, les bilans d’orthophoniste, de psychomotricien, d’ergothérapeute ou de neuropsychologue illustrent concrètement les difficultés de langage, de motricité fine, d’attention. Un ergothérapeute peut par exemple décrire l’impossibilité d’utiliser des transports en commun, la nécessité d’adapter la salle de bain ou la cuisine. Plus la description est précise, plus la CDAPH ou le juge disposent d’éléments objectifs pour réviser un refus initial.

Mobilisation des recommandations HAS et ANESM pour objectiver le handicap (TSA, troubles DYS, douleurs chroniques)

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et de l’ancienne ANESM constituent des références solides pour objectiver certains handicaps encore mal compris. Il existe des textes dédiés au TSA sans déficience intellectuelle, aux troubles DYS, à la douleur chronique ou encore à la schizophrénie. Citer ces recommandations dans un recours et les joindre au dossier, surtout lorsque votre médecin s’y réfère, montre que la demande s’appuie sur le « state of the art » médical. Par exemple, rappeler qu’un TSA peut entraîner des incapacités majeures d’interaction sociale même avec un langage verbal fluide permet de contrer l’argument « l’enfant parle bien, il n’est donc pas handicapé ».

Constitution d’un dossier de preuves du retentissement : arrêts de travail, rapports de médecin du travail, fiches de liaison scolaire

Au‑delà des diagnostics, le retentissement concret du handicap sur la vie quotidienne et professionnelle doit être démontré. Les éléments suivants renforcent fortement un recours :

  • copies d’arrêts de travail répétés ou de congés longue maladie liés à votre pathologie ;
  • rapports du médecin du travail, propositions d’aménagement de poste, avis d’aptitude ou d’inaptitude ;
  • fiches de liaison scolaire, PAI, PAP ou PPS, comptes rendus d’ESS pour un enfant ;
  • attestations de proches décrivant l’aide apportée au quotidien.

Un peu comme un dossier d’enquête, chaque pièce vient corroborer les autres. Plus le faisceau d’indices est cohérent, plus il devient difficile pour la MDPH ou le tribunal de nier la réalité du handicap et la nécessité d’une compensation adaptée.

Optimiser un nouveau dossier MDPH après un refus : méthodologie, outils et accompagnement spécialisé

Réécriture du projet de vie : description fine des limitations d’activité (CIF de l’OMS) et du handicap environnemental

Après un refus, la tentation est grande de « copier‑coller » l’ancien dossier. Pourtant, la réécriture du projet de vie constitue l’un des leviers les plus puissants pour obtenir une décision plus juste. La classification internationale du fonctionnement (CIF) de l’OMS propose une grille de lecture très utile : elle distingue les fonctions du corps, les activités, la participation sociale et les facteurs environnementaux. Traduire vos difficultés dans ce langage (par exemple : activité « se déplacer » limitée par la douleur, participation « emploi » entravée par les troubles cognitifs, environnement « absence d’ascenseur ») aide l’équipe pluridisciplinaire à situer précisément le niveau de handicap. Le projet de vie n’est pas un texte littéraire ; c’est un document stratégique qui relie vos limitations aux aides demandées.

Exploitation des grilles d’évaluation PCH, GEVA et GEVA‑Sco pour structurer les demandes (aide humaine, aménagement scolaire, transport)

Les outils comme le GEVA, le GEVA‑Sco ou les grilles PCH sont souvent perçus comme « techniques ». Ils peuvent pourtant devenir des alliés précieux. Le GEVA structure l’évaluation globale des besoins : soins, vie domestique, mobilité, relations sociales… Le GEVA‑Sco détaille, pour l’école, les besoins d’adaptation pédagogique, de matériel, d’AESH. Les grilles PCH aide humaine, technique, logement, transport listent concrètement les tâches pour lesquelles une aide est nécessaire. S’appuyer sur ces catégories pour rédiger votre demande rend le dossier plus lisible pour la MDPH : les professionnels retrouvent leur vocabulaire habituel et peuvent plus facilement justifier un accord ou une augmentation des heures d’aide humaine, par exemple.

Appui des structures ressources : MDPH, MDA, CCAS, assistantes sociales, cap emploi, services sociaux hospitaliers

Seul face à un refus MDPH, le sentiment d’isolement est fréquent. Pourtant, plusieurs structures ressources existent sur le territoire. Les Maisons Départementales de l’Autonomie (MDA), les CCAS, les services sociaux des hôpitaux, les réseaux de santé ou encore Cap Emploi pour la partie professionnelle peuvent vous aider à décrypter un courrier de refus, à réunir des pièces manquantes ou à remplir le formulaire MDPH en ligne. Certains départements organisent même des permanences juridiques ou des ateliers « remplir son dossier MDPH ». L’appui d’une assistante sociale, même ponctuel, permet aussi de mieux articuler vos demandes MDPH avec d’autres dispositifs : aides financières ponctuelles, dispositifs de répit, accompagnement à domicile.

Recours aux associations spécialisées : APF france handicap, UNAPEI, france assos santé, FFDys pour relecture et conseils

Les associations de patients et de familles jouent un rôle clé dans la maîtrise des subtilités MDPH. APF France handicap pour le handicap moteur, l’UNAPEI pour le handicap intellectuel, la FFDys pour les troubles DYS, ou encore des collectifs de personnes fibromyalgiques et de victimes de Covid long proposent souvent des guides pratiques, des modèles de recours, des relectures de dossiers. Leur expérience cumulative des CDAPH départementales permet d’anticiper certains écueils : types de bilans pris au sérieux, formulations efficaces, erreurs à éviter. S’appuyer sur ces ressources, en complément d’un éventuel accompagnement juridique, augmente considérablement la qualité de votre nouveau dossier ou de votre recours.

Outils numériques pour suivre son dossier : téléservice MDPH en ligne, FranceConnect, messageries sécurisées départementales

La dématérialisation progresse : plus de la moitié des départements proposent aujourd’hui un téléservice MDPH avec connexion via FranceConnect. Ces plateformes permettent de déposer un dossier, de suivre son avancement, de recevoir les notifications en ligne et parfois de dialoguer avec un instructeur via une messagerie sécurisée. Pour vous, l’intérêt est double : gagner en traçabilité (date de dépôt, pièces jointes) et réduire les risques de perte de documents. Certains systèmes envoient aussi des alertes lorsque des pièces manquent. Dans un contexte où les délais moyens de traitement tournent encore autour de 4 à 6 mois, pouvoir vérifier en temps réel que le dossier est complet constitue un atout majeur pour sécuriser votre parcours de droits.

Solutions alternatives et dispositifs complémentaires en cas de refus MDPH persistant

Reconnaissance du handicap par d’autres canaux : médecine du travail, invalidité CPAM, allocation journalière, pension d’invalidité

Lorsque les refus MDPH se répètent, d’autres voies de reconnaissance du handicap peuvent, au moins partiellement, compenser cette absence. La médecine du travail peut prononcer des aménagements de poste, voire une inaptitude, qui ouvrent droit à certaines indemnités. La CPAM peut reconnaître une affection de longue durée (ALD) ou une pension d’invalidité (catégories 1, 2 ou 3) sur des critères propres, indépendants de la MDPH. Certaines situations permettent aussi une allocation journalière de proche aidant ou de présence parentale. Même si ces dispositifs ne remplacent pas totalement l’AAH ou la PCH, ils apportent un filet de sécurité financière et renforcent vos arguments : montrer qu’une autre institution a reconnu l’impact majeur de votre maladie ou de celle de votre enfant pèse dans un éventuel futur recours.

Aides locales et dispositifs territoriaux : aides des départements, CCAS, caisses de retraite (CARSAT, MSA), CAF

Au‑delà de la MDPH, le territoire fourmille de petites aides qui, cumulées, font parfois une grande différence. Les départements peuvent proposer des secours d’urgence, des aides logement ou énergie spécifiques aux personnes en situation de handicap. Les CCAS instruisent des demandes d’aides facultatives pour faire face à un reste à charge trop important, par exemple après l’achat d’un fauteuil roulant ou l’adaptation d’une salle de bain. Les caisses de retraite (CARSAT, MSA, caisses complémentaires) disposent de fonds d’action sociale pour l’adaptation du logement, le financement d’un téléalarme ou de séances d’aide à domicile. La CAF gère d’autres prestations (complément familial, RSA, prime d’activité) qui interagissent avec l’AAH et peuvent atténuer une baisse de revenus liée au handicap, même en l’absence de droits MDPH étendus.

Aménagement de poste et maintien dans l’emploi via AGEFIPH, FIPHFP et cap emploi

Pour les actifs, le maintien dans l’emploi reste un enjeu majeur après un refus MDPH. L’AGEFIPH (secteur privé) et le FIPHFP (fonction publique) financent des aménagements de poste, des formations de reconversion, des aides à la mobilité ou à la compensation du handicap. Cap Emploi, service spécialisé, accompagne les travailleurs handicapés reconnus mais peut parfois intervenir dès que des difficultés apparaissent. Même sans l’ensemble des droits MDPH souhaités, certains aménagements peuvent être mis en place sur la base d’un avis de la médecine du travail : fauteuil ergonomique, temps de pause supplémentaire, télétravail partiel, réorganisation des tâches. Documenter ces aménagements, leurs effets et leurs limites pourra ensuite nourrir un nouveau dossier MDPH ou un recours, en montrant malgré tout une persistance de restrictions substantielles d’accès à l’emploi.

Orientation vers le médico-social sans accord complet MDPH : CMP, CMPP, SESSAD, plateformes de coordination et d’orientation (PCO)

Enfin, l’accès à certains soins et accompagnements médico-sociaux ne dépend pas exclusivement de la MDPH. Pour les adultes, les Centres Médico‑Psychologiques (CMP)CMPP, SESSAD ou les plateformes de coordination et d’orientation (PCO) « TND » peuvent proposer bilans et accompagnements, notamment dans le cadre du repérage précoce des troubles du neuro‑développement. Même si l’orientation MDPH en établissement spécialisé (IME, FAM, MAS) est refusée ou en attente, ces structures offrent un soutien intermédiaire précieux : bilans réguliers, guidance parentale, psychomotricité, ateliers sociaux. Les comptes rendus qu’elles produisent, en retour, enrichissent considérablement un futur dossier MDPH en apportant une vision longitudinale de l’évolution du handicap et de ses conséquences au quotidien.