À partir d’un certain âge, pouvoir continuer à vivre chez soi tout en restant en sécurité devient un véritable défi. Le classement en GIR 4 correspond à cette zone charnière où la personne âgée garde encore une bonne autonomie, mais ne peut plus assumer seule tous les gestes essentiels du quotidien. Comprendre ce niveau de dépendance, ses critères techniques, ainsi que les aides financières et humaines mobilisables, permet d’anticiper l’organisation de la vie à domicile ou en établissement et de soulager les proches aidants. Le GIR 4 n’est pas seulement un chiffre sur un dossier : c’est un indicateur déterminant pour l’accès à l’APA, aux aménagements du logement et aux dispositifs de soutien qui évitent souvent une entrée précoce en EHPAD.

Définition du GIR 4 selon la grille AGGIR : critères, codification et seuils de dépendance

Comprendre la grille AGGIR : variables discriminantes, variables illustratives et algorithme de calcul du GIR

La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) est l’outil national de référence pour évaluer la perte d’autonomie des personnes de 60 ans et plus. Elle repose sur 17 variables, dont 10 dites discriminantes qui servent directement à calculer le GIR, et 7 dites illustratives qui affinent la compréhension de la situation sans influer sur le classement officiel. Chaque item est codé en trois niveaux : A (fait seul, spontanément et correctement), B (partiellement ou pas toujours correctement) et C (ne fait pas, même stimulé). L’algorithme national agrège ces réponses pour classer la personne entre GIR 1 (dépendance totale) et GIR 6 (autonomie complète), seuls les GIR 1 à 4 ouvrant droit à l’APA.

Les variables discriminantes couvrent la cohérence, l’orientation, la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’hygiène de l’élimination, les transferts (se lever, se coucher, s’asseoir), les déplacements intérieurs et extérieurs, ainsi que l’utilisation d’un moyen de communication pour alerter. Les variables illustratives portent notamment sur la préparation des repas, la gestion du budget, les travaux ménagers, les déplacements avec un moyen de transport et la prise du traitement. Même si ces dernières ne modifient pas directement le GIR, elles sont essentielles pour construire un plan d’aide APA réaliste et sécurisé.

Profil fonctionnel d’une personne classée en GIR 4 : autonomie locomotrice, besoins d’aide partielle et surveillance

Le GIR 4 décrit une situation de dépendance modérée. La personne conserve en général une bonne autonomie de déplacement dans son logement : elle marche ou se déplace avec une aide technique (canne, déambulateur), peut aller d’une pièce à l’autre et utiliser les sanitaires si l’environnement est adapté. En revanche, certains actes essentiels de la vie quotidienne nécessitent une aide partielle ou une surveillance régulière. Les besoins les plus fréquents concernent la toilette (aide pour le dos, les jambes, l’entrée dans la douche), l’habillage (fermeture des boutons, enfilage des bas) et la préparation des repas.

Deux grands profils se retrouvent souvent en GIR 4. Le premier : difficultés de transferts mais bonne marche une fois debout, avec un besoin d’aide pour se lever ou se coucher sans risque de chute. Le second : locomotion plutôt conservée, mais grande fatigabilité et besoin d’assistance pour les activités corporelles (toilette, habillage, repas). La continence est globalement préservée, même si des aides ponctuelles peuvent être nécessaires, par exemple pour installer une chaise percée ou accompagner aux toilettes la nuit.

Différences techniques entre GIR 3 et GIR 4 : continence, déplacements intérieurs, habillage et toilette

Sur le terrain, la frontière entre GIR 3 et GIR 4 est parfois difficile à comprendre pour vous en tant que proche aidant. Techniquement, une personne en GIR 3 a besoin d’une aide plusieurs fois par jour pour les soins corporels, avec souvent une autonomie locomotrice plus limitée et parfois des difficultés de continence. Elle nécessite très fréquemment un accompagnement structuré matin et soir, voire en journée, pour la toilette complète, l’habillage, le change et la mobilisation.

En GIR 4, le besoin d’aide reste concentré sur certains moments clés de la journée. Les déplacements intérieurs sont le plus souvent codés A ou B, signe d’une capacité à se déplacer avec une aide limitée. La personne peut se laver partiellement seule, mais doit être aidée ou stimulée pour réaliser une toilette satisfaisante. En pratique, ce niveau de dépendance permet un maintien à domicile avec un nombre d’heures d’aide plus réduit qu’en GIR 3, mais une vigilance particulière est nécessaire pour éviter les chutes et les décompensations qui feraient basculer vers un GIR 2 ou 3.

Exemples cliniques concrets de situations typiques en GIR 4 à domicile et en EHPAD

Au domicile, un profil typique de GIR 4 est celui d’une personne qui prépare encore un petit-déjeuner simple mais n’arrive plus à cuisiner un repas complet, se fatigue très vite au ménage et a besoin d’aide pour entrer dans la douche. Elle peut se déplacer seule dans son appartement, mais peine à se relever d’un fauteuil bas. Une auxiliaire de vie intervient par exemple 1 heure le matin pour le lever, la toilette et l’habillage, puis 1 heure en fin de journée pour le repas du soir et le coucher.

En EHPAD, le GIR 4 correspond souvent à un résident qui se rend seul au restaurant de l’établissement, participe aux activités, mais bénéficie d’une aide ciblée pour la douche hebdomadaire, l’habillage complexe ou la surveillance des prises alimentaires. Les équipes soignantes adaptent les soins en fonction de ce niveau de dépendance, ce qui influe directement sur le tarif dépendance facturé et sur le montant de l’APA en établissement.

Évaluation du niveau de dépendance pour un classement en GIR 4 : procédure, acteurs et outils

Rôle et méthodologie de l’équipe médico-sociale du conseil départemental dans l’évaluation AGGIR

Pour être officiellement classé en GIR 4, un senior doit être évalué par l’équipe médico-sociale du Conseil départemental dans le cadre d’une demande d’APA à domicile ou en établissement. L’évaluation se déroule lors d’une visite au domicile ou dans la structure d’hébergement. Un professionnel (infirmier, travailleur social, parfois médecin) observe concrètement comment la personne réalise les actes du quotidien, interroge l’entourage et remplit la grille AGGIR en s’appuyant sur des exemples concrets et non sur des déclarations théoriques.

Cette méthodologie vise à éviter la sous-estimation comme la surestimation du degré de dépendance. Les professionnels tiennent compte de la situation habituelle, pas uniquement d’une « bonne journée » ou d’un effort ponctuel. La décision de classement en GIR 4 est ensuite validée par un médecin référent APA au sein du département, qui met en regard les réponses AGGIR, les pathologies associées (AVC, Parkinson, Alzheimer débutante…) et le contexte global de vie.

Préparation de la visite à domicile : documents médicaux, ordonnances, bilans gériatriques à fournir

Pour vous, préparer cette visite est un moyen concret d’obtenir un classement GIR fidèle à la réalité. Rassembler les comptes rendus d’hospitalisation récents, les ordonnances en cours, un éventuel bilan gériatrique, les dernières radios ou scanners en cas de chute, ainsi que la liste des aides déjà en place (aide à domicile, portage de repas, téléassistance) permet à l’évaluateur de mieux comprendre la situation. Mentionner par écrit les difficultés repérées sur quelques semaines (chutes, oublis de repas, erreurs de médicaments) aide aussi à ne pas minimiser les problèmes le jour J.

Il est souvent utile que vous, en tant que proche aidant, soyez présent au moment de la visite. La personne âgée tend parfois à surestimer ses capacités par pudeur ou par peur de « perdre son indépendance ». Votre regard, vos exemples concrets et vos inquiétudes participent à une évaluation AGGIR plus juste, qui conditionne ensuite le montant du plan d’aide APA et le recours éventuel à des solutions comme le SSIAD ou l’accueil de jour.

Interprétation des items AGGIR clés pour le GIR 4 : alimentation, transfert, déplacement extérieur, gestion du traitement

Certains items AGGIR pèsent particulièrement dans la bascule entre GIR 5/6 et GIR 4. L’item alimentation ne se limite pas à « manger seul » : il s’agit aussi de se servir, découper les aliments, respecter les textures adaptées, gérer le temps du repas sans risque de fausse route. De nombreuses personnes en GIR 4 peuvent porter la fourchette à la bouche, mais ne peuvent plus préparer les repas, ni se servir correctement sans aide.

Les transferts (se lever, s’asseoir, se coucher) sont un autre marqueur clé : un besoin d’aide régulier pour se lever du lit ou du fauteuil, même si la personne marche ensuite bien, oriente souvent vers le GIR 4. Les déplacements extérieurs, bien que moins déterminants, renseignent sur l’isolement et la nécessité d’accompagnement pour les courses ou les rendez-vous médicaux. Enfin, la gestion du traitement (prise des médicaments, respect de l’ordonnance) est étudiée à travers les variables illustratives : une incapacité à organiser seul son traitement plaide pour un plan d’aide plus structuré, même si le GIR reste à 4.

Recours au médecin traitant, gériatre ou équipe mobile gériatrique (CHU, CLIC) pour affiner le diagnostic de dépendance

Lorsque la situation est complexe (pathologies multiples, troubles cognitifs débutants, retours fréquents d’hospitalisation), le médecin traitant et le gériatre jouent un rôle majeur pour affiner le diagnostic de dépendance. Une consultation mémoire, un bilan gériatrique en hôpital de jour ou l’intervention d’une équipe mobile gériatrique peuvent objectiver la perte d’autonomie et documenter précisément le passage à un GIR 4 réel. Ces éléments médicaux, joints au dossier, renforcent la demande d’APA ou la révision d’un classement antérieur.

Les CLIC, Maisons des aînés ou Maisons de l’autonomie, lorsqu’ils existent dans le département, coordonnent souvent ces évaluations en lien avec les services du Conseil départemental. Recourir à ces structures de proximité permet d’anticiper, plutôt que d’attendre une chute grave ou une hospitalisation non programmée pour réajuster le GIR et le plan d’aide.

Aides financières pour un GIR 4 à domicile : APA, aides ménagères et dispositifs complémentaires

Calcul du plan d’aide APA à domicile en GIR 4 : barèmes nationaux, participation financière et ticket modérateur

En GIR 4, la personne âgée est éligible à l’APA à domicile, versée par le Conseil départemental. Le plan d’aide est plafonné à 797,96 € par mois au 1er janvier 2025 pour ce niveau de dépendance. Le montant réellement versé dépend à la fois du coût des aides prévues (heures d’aide à domicile, téléassistance, portage de repas, aménagements) et des ressources du bénéficiaire. En dessous de 918,29 € de revenus mensuels, la participation est nulle ; au-delà de 3 381,93 €, la participation peut atteindre 90 % du plan d’aide, le département ne finançant plus que 10 %.

Ce « ticket modérateur » peut surprendre si vous découvrez le dispositif, mais il fonctionne comme une forme de cofinancement solidaire : plus les revenus sont élevés, plus la participation est importante. Il reste toutefois intéressant de solliciter l’APA même avec des pensions confortables, car l’aide permet de flécher un budget spécifique vers la dépendance et de bénéficier, en parallèle, d’un crédit d’impôt de 50 % sur le reste à charge pour l’emploi d’une aide à domicile.

Cumul APA GIR 4 avec aides de la cnav, carsat, MSA et caisses de retraite complémentaire (Agirc-Arrco)

Pour un GIR 4 à domicile, l’APA n’est pas le seul levier financier. Les caisses de retraite de base (Cnav, Carsat, MSA) et les régimes complémentaires comme Agirc-Arrco proposent des aides ménagères, des heures d’accompagnement ou des subventions pour l’adaptation du logement. Ces aides sont souvent conditionnées aux ressources, mais peuvent compléter utilement un plan d’aide APA déjà saturé par le coût de l’aide humaine.

Il est fréquent, par exemple, qu’une Carsat finance quelques heures de ménage hebdomadaire ou un kit de sécurité (téléassistance, tapis antidérapants) en plus de l’APA. Ce cumul est particulièrement précieux pour une personne en GIR 4 qui souhaite éviter l’entrée en maison de retraite et sécuriser son maintien à domicile par un ensemble coordonné de prestations.

Prise en charge de l’aide à domicile en mode prestataire et mandataire via structures comme ADMR, APEF, ONELA

Une fois le plan d’aide validé, l’APA peut être utilisée pour financer l’intervention d’un service d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) en mode prestataire ou mandataire. En mode prestataire, des structures comme ADMR, APEF, ONELA ou d’autres associations locales restent l’employeur de l’auxiliaire de vie : elles gèrent le recrutement, les plannings, le remplacement en cas d’absence et les fiches de paie. L’APA est versée directement au service, et vous n’avez qu’à régler le reste à charge.

En mode mandataire, l’APA vous est versée (souvent via CESU préfinancés) et vous devenez l’employeur direct de l’aide à domicile. Les coûts horaires sont souvent un peu plus bas, mais vous devez gérer les déclarations, les congés et les remplacements. Pour une personne en GIR 4, la question centrale est souvent : « ai-je le temps et l’énergie de gérer un employeur à domicile ? ». En pratique, beaucoup de familles choisissent le mode prestataire pour sécuriser l’organisation au quotidien.

Articulation avec les aides sociales facultatives : caisses de mutuelle (harmonie mutuelle, malakoff humanis) et CCAS

Les mutuelles santé, comme Harmonie Mutuelle, Malakoff Humanis ou d’autres groupements, développent de plus en plus de dispositifs d’action sociale en faveur des personnes en perte d’autonomie. Pour un assuré en GIR 4, certaines prévoyances dépendance prévoient par exemple un capital ou une rente en cas de classement en GIR 4, utilisable pour financer un complément d’aide à domicile ou une solution de répit pour le proche aidant.

Les Centres communaux d’action sociale (CCAS) de la mairie peuvent aussi attribuer des aides ponctuelles : prise en charge partielle de la téléassistance, secours exceptionnel pour régler une facture de SAAD, participation à un déménagement vers un logement plus adapté. Ces aides sont facultatives et variables selon les communes, mais elles représentent un appoint non négligeable pour un budget dépendance déjà grevé par le reste à charge de l’APA et les frais de santé.

Aménagement du logement et aides techniques pour un GIR 4 : sécurité, mobilité et prévention des chutes

Financement des aménagements (ANAH, MaPrimeAdapt’, PCH aménagement logement) pour douches sécurisées et barres d’appui

Pour une personne en GIR 4, l’un des enjeux majeurs est la prévention des chutes et la sécurisation de la salle de bain. Le remplacement d’une baignoire par une douce à l’italienne, l’installation de barres d’appui, de sièges de douche muraux, l’élargissement des portes ou la pose de revêtements antidérapants font partie des travaux les plus efficaces. Ces aménagements peuvent être financés en partie par l’ANAH, dans le cadre de dispositifs comme MaPrimeAdapt’, ainsi que par la PCH aménagement logement si la personne est également reconnue en situation de handicap.

Les études montrent qu’un environnement adapté réduit significativement le risque de chute, première cause d’hospitalisation des plus de 75 ans. Dans un contexte de GIR 4, chaque chute évitée est un pas de plus pour retarder la bascule vers un niveau de dépendance plus lourd et, souvent, l’entrée en EHPAD. L’APA peut contribuer au financement de petites adaptations (barres, rehausseurs WC), mais les travaux lourds nécessitent de mobiliser plusieurs sources d’aides simultanément.

Choix d’aides techniques pour un GIR 4 : déambulateurs, fauteuils roulants, lève-personne et téléassistance

Le maintien de la mobilité passe aussi par des aides techniques bien choisies. Pour un GIR 4, le déambulateur à roulettes (rollator) est souvent plus adapté qu’une simple canne, car il offre un appui stable et peut intégrer un siège pour se reposer. Dans certains cas, un fauteuil roulant reste utile pour les longues distances à l’extérieur, tout en privilégiant la marche à l’intérieur pour entretenir les capacités musculaires et l’équilibre.

Le lève-personne ou le verticalisateur peuvent être envisagés si les transferts deviennent très difficiles, en particulier pour protéger le dos de l’aidant. La téléassistance (bracelet ou pendentif d’alerte, détecteur de chute automatique) est un outil clé pour un GIR 4 vivant seul : elle permet de déclencher rapidement les secours en cas de malaise ou de chute, rassurant à la fois la personne âgée et sa famille. Certaines collectivités financent une partie de l’abonnement, en complément de l’APA.

Installation de domotique et objets connectés pour la surveillance discrète et la sécurisation des déplacements

Les nouvelles technologies offrent des solutions de plus en plus discrètes et efficaces pour sécuriser un GIR 4 à domicile. Capteurs de mouvement pour allumer automatiquement la lumière dans le couloir la nuit, détecteurs d’ouverture de porte, plaques de cuisson connectées, chemin lumineux au sol, montres GPS pour seniors : autant d’outils qui limitent les risques tout en respectant la vie privée. L’objectif n’est pas de « surveiller » en permanence, mais de créer un environnement intelligent qui compense les fragilités.

Un exemple concret : un chemin lumineux qui se déclenche dès que la personne pose le pied au sol la nuit réduit fortement le risque de chute en allant aux toilettes. Autre illustration, des capteurs peuvent signaler à distance une inactivité anormale, comme l’absence de passage dans la cuisine le matin, permettant au proche ou au service de téléassistance de vérifier rapidement la situation.

Coordination avec ergothérapeute, kinésithérapeute et services SAD pour adapter le projet de vie au GIR 4

L’analyse du domicile par un ergothérapeute est particulièrement pertinente à ce niveau de dépendance. Ce professionnel évalue les gestes de la vie quotidienne, repère les obstacles (meubles mal placés, tapis glissants, lit trop bas) et propose des aménagements simples ou des aides techniques pour maintenir l’autonomie. Son rapport peut être utilisé pour appuyer des demandes d’aides financières (ANAH, PCH, mutuelle) et pour ajuster le plan d’aide APA.

Le kinésithérapeute, de son côté, travaille l’équilibre, la force musculaire et la marche, dans le cadre de programmes de prévention des chutes ou de rééducation après hospitalisation. Couplée à l’intervention régulière d’un service d’aide à domicile, cette approche globale permet d’ancrer le projet de vie dans une perspective de maintien au GIR 4 le plus longtemps possible, plutôt que de subir une dégradation rapide vers un GIR 3.

Prise en charge en établissement pour un GIR 4 : EHPAD, résidences services seniors et accueil de jour

Conditions d’admission d’une personne en GIR 4 en EHPAD et impact sur le tarif dépendance

Une personne en GIR 4 peut tout à fait être admise en EHPAD, même si ce niveau de dépendance est moins lourd que celui de la majorité des résidents. Les motifs d’entrée sont alors souvent l’isolement social, un environnement domicile jugé trop risqué, ou l’épuisement du proche aidant. Le GIR influe directement sur le tarif dépendance facturé par l’EHPAD : pour un GIR 4, c’est généralement le tarif « moyen » qui s’applique, situé entre le tarif GIR 1-2 (le plus élevé) et le tarif GIR 5-6 (le plus bas).

Si les revenus de la personne sont inférieurs à 2 799,19 € par mois, elle peut, dans certains cas, ne payer que le tarif dépendance le plus bas (GIR 5-6), l’APA prenant en charge la différence avec le tarif correspondant à son GIR 4 réel. Ce mécanisme limite la facture mensuelle pour des résidents modestes, mais suppose d’engager en parallèle des démarches d’aides au logement (APL) ou d’Aide sociale à l’hébergement (ASH) si les ressources restent insuffisantes.

Différences de prise en charge en GIR 4 entre EHPAD, USLD et résidences autonomie (logements-foyers)

En USLD (Unité de soins de longue durée), les profils sont en général beaucoup plus dépendants (GIR 1-2 le plus souvent), avec une médicalisation renforcée. Un GIR 4 y est rare et correspond à des situations cliniques complexes avec de lourdes pathologies associées. À l’inverse, les résidences autonomie (ex-logements-foyers) et résidences services seniors accueillent majoritairement des personnes en GIR 5 ou 6, mais peuvent parfois recevoir des GIR 4 relativement stables et bien entourés.

Pour vous, la question centrale est : de quel niveau de surveillance et de soins votre proche a-t-il réellement besoin ? Un GIR 4 avec troubles cognitifs débutants, vivant seul et chutant fréquemment, sera probablement mieux sécurisé en EHPAD. Un GIR 4 très socialisé, entouré et bénéficiant d’un solide plan d’aide pourra, au contraire, s’épanouir dans une résidence services avec un accès facile aux commerces, aux animations et à la restauration collective.

Utilisation de l’accueil de jour alzheimer ou non spécialisé pour les personnes classées GIR 4

L’accueil de jour est une solution intermédiaire très adaptée aux personnes en GIR 4, avec ou sans troubles cognitifs. Une ou plusieurs journées par semaine, la personne est accueillie dans une structure dédiée (souvent adossée à un EHPAD) où elle bénéficie d’activités thérapeutiques, de stimulation cognitive, de repas encadrés et de temps de repos. L’APA peut financer en partie ces journées, qui aident à maintenir les capacités restantes et à rompre l’isolement.

Pour un proche aidant, l’accueil de jour représente également un temps de répit régulier, sans imposer un changement de lieu de vie définitif. Certains accueils de jour Alzheimer acceptent des personnes encore en GIR 4, dès lors que les premiers troubles de la mémoire impactent le quotidien, ce qui permet de commencer la prise en charge tôt, avant la survenue de comportements plus compliqués à gérer à domicile.

Rôle de la plateforme ViaTrajectoire et des équipes médico-sociales pour l’orientation en structure

Pour rechercher un établissement ou un accueil de jour adapté à un GIR 4, la plateforme régionale ViaTrajectoire est un outil incontournable. Elle permet, via un dossier unique, de transmettre les informations médicales et sociales à plusieurs structures (EHPAD, USLD, foyers de vie, accueils de jour) et de consulter les disponibilités. Ce dossier est généralement renseigné par un professionnel de santé (médecin traitant, hôpital, SSIAD) ou par un travailleur social.

Les équipes médico-sociales du département, des hôpitaux ou des CLIC accompagnent souvent l’utilisation de ViaTrajectoire, en tenant compte du GIR, du budget, de la localisation et des souhaits de la personne. Cette orientation coordonnée évite de multiplier les démarches individuelles et facilite l’obtention d’une place dans un délai compatible avec la situation de dépendance.

Optimiser la prise en charge d’une personne en GIR 4 : coordination, aides du proche aidant et recours

Montage d’un plan d’aide global : articulation APA, SSIAD, HAD, SPASAD et auxiliaires de vie

Un GIR 4 bien pris en charge repose rarement sur un seul dispositif. L’idéal est d’articuler l’APA avec les interventions d’un SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) pour les soins techniques, voire d’une HAD (Hospitalisation à domicile) en cas de pathologie aiguë ou de soins lourds. Les SPASAD, structures combinant aide et soins à domicile, offrent une réponse intégrée particulièrement pertinente pour des situations fragiles mais encore stabilisées.

Dans la pratique, un plan d’aide global peut par exemple combiner : 1 heure d’aide à domicile le matin pour la toilette et l’habillage, une intervention infirmière quotidienne pour la prise de médicaments, une livraison de repas 5 jours sur 7, une séance de kinésithérapie hebdomadaire et un accueil de jour une fois par semaine. Cette organisation demande une coordination fine, souvent assurée par un proche, un assistant de service social ou un coordinateur de parcours en gérontologie.

Dispositifs pour les proches aidants d’une personne en GIR 4 : droit au répit, congé proche aidant, relais en EHPAD

Être proche aidant d’une personne en GIR 4 peut sembler moins éprouvant qu’en GIR 1 ou 2, mais l’épuisement est souvent insidieux, car la dépendance est moins visible. Le droit au répit intégré à l’APA permet, lorsque le proche aidant est jugé « indispensable », de majorer ponctuellement le plan d’aide pour financer un hébergement temporaire en EHPAD, un renfort d’aide à domicile ou un accueil de jour supplémentaire. Cette majoration est plafonnée, mais elle constitue un outil concret pour préserver votre santé et votre vie personnelle.

Le congé proche aidant, qui peut être indemnisé par la CAF via l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA), permet de suspendre ou réduire temporairement son activité professionnelle pour accompagner un parent en perte d’autonomie. Des solutions de relais en EHPAD (hébergement temporaire) ou en accueil familial offrent également une soupape lorsque la situation devient trop lourde à gérer au quotidien.

Recours et contestation d’un classement en GIR 4 : réévaluation AGGIR, commissions de recours et médiation

Il arrive que vous estimiez le classement en GIR 4 inadapté, soit parce qu’il vous semble sous-évalué (besoins plus lourds, GIR 3 souhaité), soit parce qu’il vous paraît trop élevé par rapport à la réalité fonctionnelle. Un recours gracieux peut être adressé au président du Conseil départemental pour demander une réévaluation AGGIR, en joignant de nouveaux éléments médicaux (certificat, bilan gériatrique, compte rendu d’hospitalisation) et en expliquant précisément les difficultés rencontrées.

En cas de désaccord persistant, une saisine de la commission de recours amiable ou du médiateur du département est possible. Ces démarches demandent de la rigueur, mais elles sont légitimes lorsque la perte d’autonomie évolue rapidement (après un AVC, une fracture du col du fémur, une dégradation cognitive) ou que le plan d’aide actuel ne couvre manifestement plus les besoins essentiels de la personne.

Prévention de l’aggravation vers un GIR 3 ou 2 : programmes d’activité physique adaptée, nutrition et suivi gériatrique

Un des enjeux majeurs, une fois le GIR 4 reconnu, est de freiner la spirale de la dépendance. L’activité physique adaptée (marche régulière, ateliers équilibre, gymnastique douce) joue un rôle déterminant : elle entretient la masse musculaire, la souplesse articulaire et la confiance dans les déplacements. De nombreux programmes locaux (clubs seniors, associations sport-santé, ateliers financés par les caisses de retraite) sont spécifiquement conçus pour les plus de 75 ans.

La nutrition est un autre pilier : une perte de poids de quelques kilos chez une personne âgée fragilise rapidement la mobilité et la résistance aux maladies. Un suivi diététique, un enrichissement protéique des repas, voire des compléments nutritionnels oraux prescrits par le médecin peuvent aider à stabiliser l’état général. Enfin, un suivi gériatrique régulier (consultation annuelle, coordination des traitements, bilan de chute) permet de repérer tôt les signaux d’alerte et d’ajuster le plan d’aide avant que la situation ne s’aggrave vers un GIR 3 ou 2, synonyme de besoins beaucoup plus lourds, de coûts accrus et d’un risque plus élevé d’entrée en EHPAD à court terme.