
Découvrir à quelle retraite il est possible de prétendre avec 130 trimestres cotisés amène très vite à une réalité : le nombre de trimestres validés n’est qu’un élément de l’équation. L’âge de départ, la nature des trimestres (cotisés ou assimilés), le niveau de salaire et les dispositifs de minimum contributif ou de retraite complémentaire pèsent tout autant. Avec la réforme des retraites entrée en vigueur depuis 2023, la question devient encore plus stratégique. Si vous n’atteignez pas la durée d’assurance requise, une décote peut réduire sensiblement votre pension, même après une longue carrière. Comprendre précisément comment ces 130 trimestres sont pris en compte permet d’anticiper, de corriger d’éventuels manques sur le relevé de carrière et d’envisager des solutions concrètes pour augmenter vos droits avant la liquidation.
Règles officielles de départ à la retraite avec 130 trimestres cotisés dans le régime général
Durée d’assurance exigée selon l’année de naissance (tableau CNAV, générations 1960 à 1973)
Les 130 trimestres cotisés se comparent toujours à la durée d’assurance exigée pour une retraite à taux plein. Pour les générations proches de la réforme, cette durée varie entre 167 et 172 trimestres. Autrement dit, avec 130 trimestres validés, il manque généralement entre 37 et plus de 40 trimestres pour éviter toute décote.
Le tableau suivant récapitule les principales durées d’assurance requises pour le taux plein dans le régime général (CNAV) pour les générations nées entre 1960 et 1973 :
| Année de naissance | Nombre de trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|
| 1960 | 167 |
| 1961-1963 | 168-170 (progressif) |
| 1964 | 171 |
| 1965-1972 | 172 |
| À partir de 1973 | 172 (43 ans) |
Un assuré né en 1965 qui totalise 130 trimestres se situe donc 42 trimestres en dessous de la durée requise. C’est ce déficit qui déclenche la décote, dans la limite de 20 trimestres, soit une minoration maximale de 25 % du taux.
Différence entre trimestres cotisés, trimestres assimilés et trimestres validés (maladie, chômage, maternité)
La confusion entre trimestres cotisés, trimestres assimilés et trimestres validés fausse souvent les estimations de retraite avec 130 trimestres. Les trimestres cotisés correspondent aux périodes pendant lesquelles un revenu soumis à cotisation vieillesse a été perçu (salarié, indépendant, fonctionnaire dans un autre régime, etc.). En 2025, un trimestre est validé dès 1 782 € de salaire brut soumis à cotisation, dans la limite de 4 trimestres par an.
Les trimestres assimilés, eux, sont accordés sans cotisation directe : maladie indemnisée, maternité, chômage, service militaire, invalidité, formation, etc. Ils comptent pour la durée d’assurance totale, mais pas toujours comme trimestres « cotisés » pour le minimum contributif ou la carrière longue. Les trimestres validés regroupent l’ensemble cotisés + assimilés + majorations (enfants, congé parental…). Lorsque vous lisez sur votre relevé que vous avez 130 trimestres, il s’agit de ces trimestres validés, dont il importe de distinguer la part réellement cotisée.
Plafond de prise en compte des trimestres par année civile (4 trimestres) et impact sur les carrières longues
Chaque année civile ne peut valider au maximum que 4 trimestres, toutes activités confondues. Même si vous cumulez deux emplois à temps plein, ou des revenus très élevés, la caisse de retraite limitera l’enregistrement à 4 trimestres pour l’année considérée. Ce plafond peut sembler théorique, mais il impacte particulièrement les assurés aux carrières longues ou à fortes variations de revenus.
Pour un salarié qui souhaite lisser une carrière hachée, cette règle signifie qu’une année « chargée » ne permet pas de rattraper des années où aucun trimestre n’a été validé. C’est un peu comme un compteur qui ne peut pas dépasser 4 unités par an : les excédents de revenus n’achètent pas de trimestres supplémentaires. Pour la retraite anticipée carrière longue, ce plafond est d’autant plus important que seuls certains trimestres assimilés sont réputés cotisés, dans des limites précises (4 trimestres de chômage ou de maladie, par exemple).
Coordination entre régimes : régime général, MSA, SSI (ex‑RSI), CNRACL et régimes spéciaux
Les 130 trimestres pris en compte pour le calcul de la retraite correspondent, tous régimes de base confondus, à la durée d’assurance. Un assuré peut avoir une partie de sa carrière au régime général (salarié), une autre à la MSA (salarié agricole ou exploitant), puis finir comme indépendant (SSI, ex‑RSI) ou fonctionnaire affilié à la CNRACL. Les trimestres se cumulent pour apprécier le droit au taux plein, même s’ils sont acquis sous des régimes différents.
En revanche, chaque régime calcule sa propre pension selon ses règles. La durée d’assurance totale détermine le taux de liquidation (avec ou sans décote), puis chaque caisse applique ses paramètres spécifiques. Dans les régimes spéciaux (SNCF, RATP, CNIEG, etc.), des minimums garantis et des règles particulières d’âge légal s’ajoutent aux règles communes. Lorsque vous disposez de 130 trimestres répartis entre plusieurs statuts, un simulateur multi‑régimes comme M@rel est indispensable pour obtenir une estimation réaliste.
Calcul de la pension de retraite avec seulement 130 trimestres cotisés
Formule CNAV : salaire annuel moyen (SAM), taux de liquidation, proratisation par la durée d’assurance
Dans le régime général, la pension de base se calcule selon la formule officielle :
Pension de base = SAM × taux de liquidation × (trimestres au régime général / trimestres requis pour le taux plein)
Le salaire annuel moyen (SAM) correspond à la moyenne des 25 meilleures années de salaire revalorisées. Le taux de liquidation maximum est de 50 % (taux plein). La proratisation ramène ce montant à la part correspondant à votre durée d’assurance dans le régime. Avec 130 trimestres au total, le rapport trimestres acquis / trimestres requis est souvent compris entre 130/168 et 130/172, soit environ 75 % de carrière complète.
Application de la décote en cas de trimestres manquants (taux plein, minoration par nombre de trimestres manquants)
Si vous partez avant d’avoir la durée d’assurance requise et avant l’âge du taux plein automatique, un coefficient de minoration s’applique sur le taux de liquidation. La règle générale prévoit une décote de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit une réduction maximale de 25 % du taux. Le taux plein de 50 % peut donc être ramené à un taux minimal de 37,5 %.
Avec 130 trimestres et une génération nécessitant 169 ou 172 trimestres, le nombre de trimestres manquants dépasse largement 20. La décote maximale s’applique alors. Autrement dit, ce n’est pas votre déficit exact de trimestres (par exemple 40 ou 42) qui est utilisé, mais ce plafond de 20 trimestres manquants.
La décote ne s’applique plus à partir de l’âge du taux plein automatique (65 à 67 ans selon la génération), même si la durée d’assurance reste inférieure à la durée requise.
Exemple chiffré détaillé : salarié né en 1965 avec 130 trimestres, SAM de 25 000 €
Imaginons un salarié du privé né en 1965, avec 130 trimestres validés (cotisés + assimilés) dans l’ensemble de ses régimes, dont 120 trimestres au régime général. La durée d’assurance requise pour le taux plein pour cette génération est de 172 trimestres.
Hypothèses :
- Salaire annuel moyen (SAM) : 25 000 €
- Départ à 64 ans (âge légal pour cette génération)
- Trimestres manquants : 172 – 130 = 42 trimestres
La décote est plafonnée à 20 trimestres : 20 × 1,25 % = 25 %. Le taux de liquidation passe donc de 50 % à 37,5 %. Le rapport de carrière dans le régime général est de 120/172 ≈ 0,697.
La pension de base brute annuelle serait approximativement :
25 000 € × 37,5 % × (120 / 172) ≈ 25 000 × 0,375 × 0,697 ≈ 6 534 € par an, soit environ 545 € par mois avant prélèvements sociaux.
Ce niveau de pension de base avec 130 trimestres illustre l’importance cruciale de la retraite complémentaire et, le cas échéant, du minimum contributif.
Articulation entre pension de base et retraite complémentaire Agirc‑Arrco avec 130 trimestres
Pour un salarié du privé, la retraite complémentaire Agirc‑Arrco fonctionne par points. Le nombre de points dépend des cotisations versées tout au long de la carrière. La formule est :
Pension complémentaire annuelle = total de points × valeur du point (1,4386 € en 2025)
Avec 130 trimestres, il s’agit souvent de carrières incomplètes, à temps partiel ou hachées. Le nombre de points est donc réduit, mais pas nécessairement dans les mêmes proportions que la pension de base, car les cotisations complémentaires sont parfois plus élevées que les cotisations de base sur certaines tranches de salaire. À noter qu’un départ avant l’obtention du taux plein dans le régime de base peut entraîner des coefficients de minoration temporaires ou définitifs sur la retraite complémentaire, en fonction des règles Agirc‑Arrco et de l’âge de liquidation.
Cas des carrières à temps partiel, CDD et jobs étudiants dans le calcul des 130 trimestres
Vous avez multiplié les CDD, l’intérim ou les jobs étudiants ? Ces périodes peuvent tout à fait générer des trimestres cotisés, à condition d’atteindre le seuil de salaire nécessaire. Un trimestre cotisé en 2025 correspond à 150 fois le Smic horaire, soit environ 1 782 € brut. Quatre fois ce montant, soit 7 128 €, suffisent pour valider 4 trimestres sur l’année, même si l’activité a été concentrée sur quelques mois seulement.
Dans les carrières à temps partiel, il arrive fréquemment que certaines années ne valident que 1 ou 2 trimestres faute de salaire suffisant. Résultat : 130 trimestres sur une carrière longue peuvent correspondre à un grand nombre d’années travaillées, mais avec une validation incomplète. Cette situation explique pourquoi des assurés ayant travaillé « toute leur vie » se retrouvent avec un nombre de trimestres validés très insuffisant pour le taux plein.
Âge légal, âge du taux plein et départ anticipé avec 130 trimestres cotisés
Âge légal de départ après la réforme des retraites (2023‑2024) selon la génération
Depuis la réforme de 2023, l’âge légal de départ à la retraite a été relevé progressivement de 62 à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968, avec une montée par paliers pour les années 1961 à 1967. Cet âge légal est l’âge minimal à partir duquel vous pouvez demander votre retraite, mais il ne garantit pas le taux plein.
Avec 130 trimestres, partir dès l’âge légal entraîne presque toujours une décote significative. Il s’agit d’un arbitrage entre partir plus tôt avec une pension réduite ou travailler quelques années de plus pour augmenter à la fois le nombre de trimestres et le salaire annuel moyen. Pour certaines personnes en situation de santé fragile, d’inaptitude ou d’incapacité permanente, des dispositifs spécifiques permettent néanmoins un départ à taux plein dès l’âge légal, voire avant.
Âge du taux plein automatique (67 ans) et effet pour un assuré bloqué à 130 trimestres
L’âge du taux plein automatique, compris entre 65 et 67 ans selon l’année de naissance, reste une donnée clé pour les assurés dont la carrière ne permettra jamais d’atteindre la durée requise. À cet âge, le taux de liquidation de 50 % est accordé même avec une durée d’assurance inférieure (toujours dans la limite du rapport trimestres acquis / trimestres requis).
Pour un assuré bloqué à 130 trimestres, attendre l’âge du taux plein automatique supprime la décote, mais ne compense pas le manque de trimestres dans le calcul de la pension.
Concrètement, le taux remonte à 50 %, mais la fraction trimestres au régime / trimestres requis reste faible. Si l’on reprend l’exemple précédent (130 trimestres requis 172), le rapport reste de 130/172 ≈ 75 %. La pension de base sera donc de SAM × 50 % × (130 / 172), ce qui reste nettement inférieur à une carrière complète.
Éligibilité au dispositif carrières longues avec 130 trimestres (conditions de début d’activité avant 20 ans)
Le dispositif des carrières longues permet un départ anticipé avant l’âge légal pour les personnes ayant commencé à travailler tôt et totalisant un nombre de trimestres cotisés ou réputés cotisés élevé. Pour les générations récentes, il faut avoir validé un certain nombre de trimestres avant un âge donné (16, 18, 20 ou 21 ans) et atteindre presque la même durée d’assurance qu’une carrière complète.
Avec 130 trimestres, il est théoriquement possible d’être éligible à la carrière longue si la génération concernée n’exige pas encore les 172 trimestres et si les trimestres réputés cotisés (maladie, maternité, chômage indemnisé, service national) sont suffisants. En pratique, cependant, la plupart des assurés ayant seulement 130 trimestres sont encore loin de la durée d’assurance demandée pour ces départs anticipés. Le dispositif carrières longues reste surtout pertinent pour ceux qui dépassent déjà 160 ou 168 trimestres.
Conséquences d’un départ à 62, 64 ou 67 ans avec 130 trimestres sur le montant de la pension
La combinaison entre âge de départ et 130 trimestres validés produit trois grands scénarios :
- Départ précoce autour de 62 ans : impossible pour les générations soumises au nouvel âge légal, sauf carrière longue ou inaptitude. Si possible, décote maximale et pension très réduite.
- Départ à 64 ans (âge légal pour les plus jeunes générations) : décote souvent à son maximum (25 %) et durée d’assurance insuffisante, sauf ajout de trimestres assimilés ou poursuite d’activité.
- Départ à 67 ans (taux plein automatique) : suppression de la décote, mais pension encore limitée par le faible rapport trimestres acquis / trimestres requis.
La stratégie la plus efficace consiste généralement à viser au moins l’âge légal majoré de quelques années pour limiter au maximum le déficit de trimestres, tout en gardant en tête sa capacité réelle à poursuivre l’activité professionnelle.
Estimation de la retraite avec 130 trimestres : simulateurs en ligne et méthodes de calcul
Utilisation du portail info‑retraite.fr et du simulateur m@rel pour une estimation multi‑régimes
Pour une estimation fiable avec 130 trimestres répartis sur plusieurs régimes (salarié, indépendant, fonctionnaire, agricole, libéral), le portail officiel Info‑retraite.fr et son simulateur M@rel sont des outils de référence. Ils agrègent automatiquement les données transmises par vos différentes caisses et permettent de simuler plusieurs âges de départ.
Ce simulateur prend en compte les règles en vigueur, les revalorisations et les dispositifs de minimum contributif, de même que les pensions complémentaires. L’usage de ces outils officiels permet de comparer l’impact financier d’un départ à 64, 65 ou 67 ans avec vos 130 trimestres, plutôt que de se fier à des estimations approximatives.
Simulation sur le site lassuranceretraite.fr (CNAV) : relevé de carrière, projection à 130 trimestres
Sur le site de la CNAV, lassuranceretraite.fr, votre espace personnel offre un accès direct au relevé de carrière détaillé. Il est possible de vérifier, année par année, le nombre de trimestres validés, le type (cotisés ou assimilés), ainsi que les salaires portés au compte. À partir de ces données, des estimations personnalisées peuvent être générées pour différents âges de départ.
Vous pouvez ainsi vérifier si vos 130 trimestres sont déjà atteints, ou s’ils le seront à une date déterminée, en tenant compte de périodes de chômage, de maladie ou de congé parental. Ces estimations intègrent également la retraite complémentaire Agirc‑Arrco, ce qui donne une vision globale du futur niveau de vie possible.
Exploitation du relevé de situation individuelle (RIS) et du relevé de carrière détaillé
Le relevé de situation individuelle (RIS) et le relevé de carrière détaillé sont les deux documents clés pour comprendre ce que signifient réellement vos 130 trimestres. Le premier synthétise tous les régimes dans lesquels vous avez cotisé, le second zoome sur les salaires et trimestres pour un régime donné (régime général, MSA, SSI, etc.).
Une lecture attentive de ces relevés permet d’identifier les « trous de carrière », les périodes non prises en compte (stages, TUC, emplois à l’étranger) et les erreurs éventuelles. Un trimestre manquant parce qu’un employeur n’a pas transmis les cotisations ou qu’une période de chômage indemnisé n’a pas été correctement enregistrée peut faire la différence à l’arrivée.
Méthode de calcul manuel pour vérifier une estimation : trimestres retenus, décote, prorata
Pour vérifier une estimation, il est possible de reproduire un calcul simplifié :
- Identifier le
SAM(salaire annuel moyen) sur 25 meilleures années indiqué par la CNAV. - Vérifier le nombre de trimestres validés et la durée requise pour la génération (par exemple 172).
- Calculer le taux de décote : nombre de trimestres manquants × 1,25 % (plafonné à 25 %).
- Appliquer le taux de liquidation réduit au SAM et multiplier par le ratio
trimestres au régime / trimestres requis.
Ce calcul manuel ne remplace pas les simulateurs officiels, mais il permet de détecter rapidement une incohérence ou une erreur manifeste dans une estimation transmise.
Erreurs fréquentes dans les estimations (périodes à l’étranger, service militaire, congés parentaux)
Plusieurs sources d’erreur reviennent régulièrement lors des calculs de retraite avec 130 trimestres :
- Périodes de travail à l’étranger non déclarées ou mal coordonnées, alors que les règlements européens et conventions bilatérales permettent souvent une totalisation.
- Périodes de service militaire ou civil non prises en compte alors qu’elles peuvent générer des trimestres assimilés.
- Périodes de congé parental ou de complément de libre choix d’activité qui ouvrent droit à des majorations de durée d’assurance, parfois non encore intégrées dans le relevé.
Ces erreurs peuvent sous‑estimer de plusieurs trimestres votre durée d’assurance réelle. La vigilance sur ces points est déterminante lorsque l’on frôle des seuils comme 120 ou 130 trimestres.
Stratégies pour augmenter sa pension lorsqu’on n’a que 130 trimestres cotisés
Rachat de trimestres via le dispositif fillon (années d’études supérieures et années incomplètes)
Le rachat de trimestres, souvent appelé « rachat Fillon », permet de compléter une carrière insuffisante. Deux types de périodes sont rachetables : les années d’études supérieures validées par un diplôme ou une admission en grande école, et les années civiles incomplètes où moins de 4 trimestres ont été acquis.
Le coût d’un rachat dépend de l’âge, du revenu et de l’option choisie (rachat pour le taux seul, ou pour le taux et la durée d’assurance). Pour un assuré à 130 trimestres, racheter quelques trimestres peut réduire ou supprimer la décote, avec un impact significatif sur la pension à vie. La rentabilité de l’opération doit cependant être évaluée cas par cas, parfois avec l’aide d’un conseiller spécialisé.
Prolongation de l’activité professionnelle : impact de chaque année travaillée après 130 trimestres
Chaque année supplémentaire travaillée après les 130 trimestres permet en principe de valider jusqu’à 4 trimestres supplémentaires et d’améliorer le salaire annuel moyen. L’effet est double : la durée d’assurance augmente, réduisant le nombre de trimestres manquants, et le SAM s’améliore si les dernières années sont mieux rémunérées que certaines années plus anciennes.
Dans certains cas, lorsque la durée d’assurance requise est atteinte avant l’âge légal, poursuivre l’activité au‑delà ouvre droit à une surcote de 0,75 % à 1,25 % par trimestre supplémentaire, ce qui augmente définitivement le montant de la pension. Pour un assuré encore éloigné des 160 ou 170 trimestres, l’objectif est cependant d’abord de combler le déficit de trimestres plutôt que de viser la surcote.
Validation de trimestres manquants via le chômage indemnisé (pôle emploi), maladie, invalidité
Les périodes de chômage indemnisé par Pôle emploi, d’arrêt maladie indemnisé, d’invalidité ou de formation professionnelle peuvent générer des trimestres assimilés. Avec des règles telles que 50 jours indemnisés pour 1 trimestre de chômage, ou 60 jours d’indemnités journalières pour 1 trimestre de maladie, plusieurs trimestres peuvent être validés sans activité salariée.
Ces trimestres ne sont pas cotisés, mais ils comptent pour la durée d’assurance et permettent de réduire la décote. Dans certains dispositifs (carrière longue, minimum contributif majoré), une partie de ces périodes est même considérée comme réputée cotisée, dans des limites précises. Pour un assuré proche de 130 trimestres, une bonne connaissance de ces mécanismes est un levier majeur pour maximiser ses droits.
Optimisation de la retraite complémentaire Agirc‑Arrco (surcote, coefficients de solidarité, points)
Du côté de la retraite complémentaire, la stratégie consiste à continuer à acquérir des points Agirc‑Arrco par l’activité professionnelle, mais aussi à surveiller les règles de minoration ou de majoration applicables. Selon la période, des coefficients de solidarité temporaires peuvent réduire la pension complémentaire en cas de départ dès l’obtention du taux plein dans le régime de base, alors qu’un décalage de quelques trimestres peut éviter ces abattements.
Travailler plus longtemps permet d’augmenter le nombre total de points et donc la pension complémentaire annuelle. Pour certains profils à faibles pensions de base et 130 trimestres seulement, l’optimisation de la retraite complémentaire représente parfois la plus grande marge de progression financière.
Recours au cumul emploi‑retraite et à la retraite progressive pour lisser la baisse de revenu
Lorsque la pension estimée avec 130 trimestres apparaît insuffisante pour vivre, deux dispositifs méritent une attention particulière : la retraite progressive et le cumul emploi‑retraite. La retraite progressive permet, à partir de 60 ou 62 ans selon la génération et avec au moins 150 trimestres validés, de réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de sa pension, ce qui limite la chute de revenu tout en continuant d’acquérir des droits.
Le cumul emploi‑retraite, une fois la retraite liquidée à taux plein, autorise le cumul intégral d’un revenu d’activité et de la pension sous certaines conditions. Même si les nouvelles cotisations ne génèrent plus de droits dans la plupart des régimes, ce dispositif reste un outil puissant pour stabiliser sa situation financière lorsque les trimestres acquis restent limités à 130.
Cas pratiques : profils types d’assurés avec 130 trimestres et estimation de leur pension
Salarié du privé né en 1964 avec carrière hachée (intérim, CDD, périodes de chômage non indemnisé)
Profil typique : une personne née en 1964, ayant enchaîné missions d’intérim, CDD et périodes de chômage non indemnisé. Les années discontinues ont parfois validé seulement 1 ou 2 trimestres. Au total, 130 trimestres sont enregistrés, dont 110 cotisés. La durée d’assurance requise pour le taux plein est de 171 trimestres.
À 64 ans, la décote maximale de 25 % s’applique, et le rapport de carrière est d’environ 130/171. La pension de base reste faible, souvent autour de 500 à 600 € par mois, complétée par une retraite complémentaire réduite. Ce type de parcours illustre l’importance d’examiner le droit au minimum contributif et, en parallèle, la possibilité d’accéder à l’ASPA si les ressources restent très faibles après 65 ans.
Ancien travailleur indépendant (SSI) reconverti salarié avec 130 trimestres tous régimes confondus
Autre cas fréquent : un travailleur indépendant affilié plusieurs années au SSI (ex‑RSI), puis salarié dans le régime général. Les trimestres se cumulent tous régimes confondus pour le taux plein, mais chaque régime calcule sa pension selon ses propres paramètres. Si les revenus comme indépendant ont été faibles, la retraite de base proportionnelle par points au SSI peut rester modeste.
Avec 130 trimestres totalisés dont une partie en régime indépendant, la pension globale sera la somme des pensions de chaque régime, après application éventuelle du minimum contributif si les conditions sont remplies (retraite à taux plein, pensions totales inférieures au plafond, au moins 120 trimestres cotisés). L’estimation précise passe obligatoirement par un simulateur multi‑régimes.
Fonctionnaire ayant quitté la fonction publique en milieu de carrière (CNRACL + CNAV) avec 130 trimestres
Un fonctionnaire territorial ou hospitalier peut cesser sa carrière publique après une quinzaine d’années, puis poursuivre comme salarié du privé. Les années de fonction publique génèrent des droits dans un régime spécifique (CNRACL), souvent assorti d’un minimum garanti sous conditions de durée et d’âge, tandis que les années comme salarié alimentent la CNAV et l’Agirc‑Arrco.
Avec 130 trimestres répartis entre CNRACL et CNAV, la pension globale se compose de deux blocs : pension de fonctionnaire calculée sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois publics, et pension du régime général sur les 25 meilleures années salariées. Même si la durée d’assurance reste insuffisante pour un taux maximal, le minimum garanti de la fonction publique peut, dans certains cas, atténuer la faiblesse globale de la pension.
Assuré ayant travaillé à l’étranger (UE et hors UE) avec totalisation des périodes et conventions bilatérales
Les périodes travaillées dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou en Suisse sont prises en compte pour la durée d’assurance grâce aux règlements de coordination européens. Chaque État verse ensuite une pension proportionnelle à la durée d’assurance accomplie sur son territoire. Pour des pays hors UE, des conventions bilatérales peuvent jouer un rôle similaire.
Un assuré affichant 130 trimestres en France peut en réalité disposer d’une durée d’assurance totale supérieure lorsqu’on ajoute ses périodes à l’étranger. La pension française est alors calculée en tenant compte de cette totalisation pour le taux, mais seulement sur les trimestres réellement cotisés en France pour le montant. Les pensions étrangères viennent s’ajouter, parfois plusieurs années après, ce qui complique l’estimation mais améliore souvent la situation globale.
Parent ayant interrompu sa carrière (complément de libre choix d’activité, congé parental, MDA) avec 130 trimestres
De nombreux parents, le plus souvent des mères, interrompent ou réduisent leur activité pour s’occuper de leurs enfants. Complément de libre choix d’activité, congé parental, temps partiel subi : autant de périodes qui peuvent générer des droits retraite via l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), des trimestres de congé parental et des majorations de durée d’assurance (MDA) pour enfants.
Un parent affichant 130 trimestres validés, dont une partie issue de l’AVPF et de majorations, peut bénéficier de ces dispositifs de solidarité pour atteindre ou dépasser le seuil des 120 trimestres cotisés nécessaires au minimum contributif majoré, dans la limite de 24 trimestres AVPF réputés cotisés. Cette reconnaissance des périodes d’éducation et d’aidant familial devient décisive pour améliorer la pension de base lorsque la carrière professionnelle a été largement interrompue.